*     suite de l'histoire courte              *   


 La pauvre victime a été dévorée vivante, cela ne fait aucun doute que les rats du laboratoire sont les responsables, bien qu’il ne comprenne pas comment ces animaux ont pu en venir à dévorer un homme en entier.

Il passe ensuite au deuxième cadavre, il remarque que le sang n’a pas eu le temps de coaguler. Et les os ne sont pas aussi bien nettoyés que les précédents. Il en déduit que les animaux n’ont pas eu le temps de finir leur repas ou bien qu’ils ont été dérangés avant de finir. Il décide de tout ramener à son laboratoire pour faire des tests complémentaires.

Il sort deux sacs mortuaires dans lequel il dépose les restes des corps. Le scientifique prélève aussi des échantillons de sang afin de les analyser. Après cela, il indique aux hommes qui l’encadrent qu’il en a fini. Il ramène les deux sacs remplis des tristes dépouilles jusque dans son camion. En sortant sur le parking, il constate l’arrivée des véhicules de fourrière.

Les voitures sont chargées de vider les box comportant les chiens et les singes utilisés pour les expériences. Arrivé à son labo, Thomas met les échantillons dans la machine pour analyse. Ensuite il étale sur une table les restes des victimes. Il travaille dessus durant quelques heures.

A la fin les analyses ne révèlent rien de très concluant, elles ne font que confirmer ce qu’il connaissait déjà sans apporter d’autre réponse. Il décide donc de retourner sur le lieu des crimes, en quête d’éléments permettant d’éclaircir la situation. Arrivé là-bas, une grande pagaille y règne. Il découvre une ambulance prenant en charge un homme et des forces de police fuyant le bâtiment.

De la fumée, sans doute du gaz lacrymogène. Thomas s’empresse de rejoindre ses collègues afin de comprendre la situation. En passant à côté de l’ambulance, une vision l’arrête. Sur un brancard, un homme en blouse blanche est allongé, une partie de sa jambe saigne abondamment, des morceaux de chairs semblent manquer, et à plusieurs endroits sur son corps des plaies ouvertes sont visibles. 
 

                                                                   Page 5                                          


 — Cet homme a forcé le cordon de sécurité, lui indique un officier en montrant de la tête l’homme dans l’ambulance.

Il a tenté de récupérer ses recherches. Mais arrivé à l’intérieur, des rats sont arrivés par milliers. L’homme a eu le temps de rejoindre son bureau, mais très rapidement, la masse formée par les milliers de rats l’a suivi...

Il s’arrête comme si replonger dans ces souvenirs lui était difficile. Voyant que le garçon était pendu à ses lèvres, il poursuit :

— Nous sommes rapidement arrivés dans le bureau.

Il nous a été difficile de le trouver, il se débattait enseveli par le poids des rats qui le griffaient et le mordaient à de nombreux endroits. Nous avons réussi à le sortir en utilisant des bombes lacrymogènes et un puissant répulsif pour rongeurs. Les rats ont fui et nous avons pu l’évacuer sans qu’ils nous poursuivent.

— Aucun agent n’a été blessé ? lui demande Thomas. Il lui répondit que non, puis il le laissa pour retourner s’occuper de la suite des événements. Ce récit le laissa dans une profonde perplexité. Durant le trajet retour sur la scène des meurtres, il réfléchit à la raison pouvant pousser ces animaux à agir de la sorte.

Mais jusque-là le scientifique n’a aucune réponse permettant de justifier ce désordre. Il sort de sa torpeur pour analyser la situation qui l’entoure quand au loin il aperçoit ce qui, il l’espère, va lui donner une piste de réflexion. Il se dirige donc vers le groupe de scientifiques du labo restés derrière la bande de sécurité mise en place par la police. Il arrive à leur hauteur. 

 
                                                                                   Page 6

— Bonjour messieurs, je suis le scientifique en charge de l’affaire.

J’aurais des questions concernant le comportement des rats. Je ne cherche pas un coupable mais à comprendre la situation, s’empresse-t-il de dire en voyant certains scientifiques se crisper.

Un homme s’avance en écartant ses collègues afin de venir au plus près de l’agent chargé de l’enquête, il se présente :

— Je m’appelle Vladimir, je suis en charge de l’étude sur l’intelligence artificielle. Afin de faire mes tests j’ai eu recours à des rats pour tester mes expériences. C’est bien eux les responsables ?

— Oui, que s’est-il passé au juste dans le laboratoire ? intervient un autre scientifique.

Le scientifique de la police prend le temps de la réflexion pour savoir ce qu’il peut ou ne peut pas dire sur l’affaire en cours. Réflexion faite il dit :

— D’après les premiers éléments de l’enquête, il y deux victimes pour l’instant non identifiées.

De plus, un de vos collègues a été blessé quand il a tenté de pénétrer dans le bâtiment. Il omet volontairement de dire ce qui l’a attaqué ! Ensuite, il se retourne vers le scientifique dénommé Vladimir :

— Pouvez-vous m’expliquer en quoi consistaient vos expériences sur les rats ?
— C’est assez complexe, dit l’homme d’un ton bourru, mais je vais tenter de vous le vulgariser.

Mon travail consiste en gros à créer des puces intelligentes, celles-ci permettent d’accroitre les capacités intellectuelles du porteur de ces puces. C’est un peu plus difficile mais dans les grandes lignes c’est ça.

— Et vous les avez implantées sur des souris ?
— Oui, enfin pas moi mais mon collègue qui est dans l’ambulance.

Moi je me contentais de l’assister dans l’opération. Ce genre de chirurgie est très complexe, ajoute t'il.

— Aviez-vous eu des résultats ?
— Non, cela n’a rien donné pour le moment, mais on ne désespère pas ! finit-il de dire avec conviction.

Thomas, commençait à voir s’éclairer l’affaire. Mais il devait en être sûr !

— Venez avec moi, dit-il au scientifique qui avait répondu à ses questions.

Ils rejoignent ensuite l’équipe d’intervention. Thomas laisse le scientifique entre les mains d’un agent. Il va ensuite rejoindre les deux policiers qui sont arrivés en premier sur les lieux. 

 
                                                                                   Page 7

Il s’entretient ensuite avec eux, afin de connaître la réaction des animaux à leur arrivée dans le laboratoire. Après avoir eu les informations qu’il attendait, il rejoint le scientifique et les agents postés près de l’entrée. Il doit leur expliquer sa théorie, et le plan qu’il a mis en place pour l’infirmer ou la réfuter.

Quelques minutes plus tard, Thomas rentre dans le bâtiment accompagné de deux agents. Ils arrivent dans le couloir. Il progresse rapidement. Arrivés au milieu du couloir, ils voient sortir plusieurs groupes de rats. Et de plusieurs cela se transforme en masse compacte et grouillante. Sans se démonter, l’homme continue à avancer.

Les agents le suivent sur leurs gardes, prêts à intervenir à tout moment. Arrivé à un mètre, le garçon se met à genoux et attend. Tout à coup, un groupe de rats se détache et s’approche du garçon. Les hommes derrière lui se préparent à intervenir. Thomas lève doucement la main, et d’un coup d’œil il incite les agents qui l’accompagnent à ne pas attaquer.

Le groupe de rats continue de se rapprocher. Il se rapproche à dix centimètres. Puis il se sépare, se mélange et s’immobilise. Thomas se relève pour les observer. Avec leurs corps, ils forment un mot et ce mot est « aidez-nous ».

— Je vais vous aider ! leur dit-il. Après cela, il fait demi-tour et retourne à l’extérieur.

Sa théorie est confirmée ! Il rejoint le groupe d’agents. Thomas attend que tout le monde soit présent, puis il commence à raconter.

— Ma théorie était que, grâce à la puce créée par Vladimir, dit-il en le désignant, le groupe d’individus possédant la puce ait réussi à développer une communication entre eux, et avec cet avantage, qu’ils puissent imposer leur autorité aux non-porteurs et donc, par là même, diriger l’ensemble de la meute.

Mais s’ils ont tué ces deux personnes c’est qu’ils ne comprenaient pas ce qu’il leur arrivait. Ils ne 15 faisaient que chasser. Leur cerveau fonctionnait de la même manière, leur intimant l’ordre de se nourrir. Mais leur capacité intellectuelle décuplée leur permettait de chasser plus gros…
 
                                                                                   Page 8

J’ai aussi remarqué qu’ils n’ont attaqué que les membres du laboratoire car ils ne possédaient que leur odeur en mémoire. Lorsque vous êtes entrés dans le bâtiment - en désignant les deux policiers arrivés en premier sur les lieux - les rats se sont regroupés, mais ils ne vous ont pas attaqués. De la même manière quand le groupe d’intervention m’a accompagné pour que je récupère les ossements des victimes, et aussi quand ils ont extrait le scientifique qui avait pénétré le laboratoire, les rats n’ont rien tenté contre nous.

— Mais pourquoi ont-ils inscrit ce message ? le coupe un des policiers qui l’avaient accompagné.

— Car même si leur nouveau pouvoir, le pouvoir de l’intelligence, leur a permis de gagner en supériorité, cela leur a permis de se rendre compte de leur puissance meurtrière, et dans le même temps l’intelligence les a rendus plus humains.

Eux qui d’habitude mangent des végétaux, l’intelligence leur a permis de voir le pire de ce qu’ils peuvent devenir et dans le même temps de se rendre compte des conséquences de leurs actions. Ce dilemme les fait souffrir.

Dans ce message, ils demandent qu’on enlève leur puce ou qu’on les tue car ils ne sont plus capables de se suicider. Après qu’il s’est tu,  un silence plane dans l’assemblée le temps que l’information soit digérée.

— Ce que nous devons faire est de la leur retirer ? Intervient un agent.
— Où de les tuer ! Achève de dire le scientifique responsable de l’étude qui a perdu des confrères dans l’affaire.

Une heure après, la décision fut prise, les ordres donnés. Tout le monde se mit en place, autour du bâtiment. Les aérations de tout le bâtiment furent bouchées et un puissant gaz inonda le bâtiment. Quand les premiers hommes entrèrent dans les laboratoires, une mer de corps jonchait le sol. Le projet de puces fut enterré avec les cadavres.

De cette tragédie, il en est ressorti qu’à vouloir se prendre pour Dieu et lutter contre la nature, les hommes finiront par se noyer dans un raz-de-marée.


FIN



Page 9
 
                                                                                              



                        
                                                                                 Page 10

                                          

 
 



Créer un site
Créer un site